Tout vient de la poussière, tout s'en retourne à la poussière (Ec 3,20)

L'alliance de Dieu

Les objectifs d'une alliance

L’union fait la force

C'est en s'alliant et en associant nos forces que l'on peut vaincre. Ce proverbe s'emploie pour souligner la nécessité de rester uni pour lutter ou combattre. La religion est en ce sens une force, Comme l’indique l’étymologie religare, la religion unit des personnes dans une même croyance. Elle fortifie leur foi. Dans l’histoire du peuple hébreu, les 12 tribus d’Israël s’unissent sous un même roi pour faire face aux dangers philistins, cananéens, assyriens et autres. Toute union est en ce sens révélateur d’une faiblesse, car elle vise à construire un projet impossible à réaliser tout seul. Projets économiques avec la fusion des entreprises, par exemple le consortium européen Airbus. Projets conjugaux : créer une famille.
Comment comprendre l’union entre Dieu et l’humanité que nous traduisons généralement sous le terme « alliance » ?

L’alliance don de Dieu

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L’alliance plus qu’un testament

Voir le commentaire de Yves guillemette

Le peuple élu

La bible nous propose une étonnante histoire d’amour entre un amant et sa bien-aimée, entre Dieu et son peuple Israël, qu’il se choisit parmi tous les peuples de la terre, entre Dieu et l’humanité entière à travers l’incarnation de la parole de Dieu en la personne de Jésus. Elle raconte une alliance parsemée d’adultères et de pardons, d’indifférence et de passion, de détachement et d’intimité. Dieu est amoureux de nous, comme un fiancé est amoureux de sa belle, jaloux, fidèle et tendre, punisseur et miséricordieux, exigeant et juste.

L’histoire d’un couple commence par la rencontre de l’autre au hasard de la vie. Celle de Dieu et de l’humanité est plus complexe, car les deux partenaires n’en finissent pas de se chercher et de se trouver. À vrai dire, l’histoire biblique est bien plus celle d’un Dieu à notre recherche que le contraire.

Cette aventure amoureuse et aussi religieuse commence avec les patriarches vers 1900 av. J.-C., selon la chronologie biblique. C’est avec Abraham que Dieu pose les fondements d’une conjugalité et d’une religion appelées à se répandre au cœur d’une nation environ sept siècles plus tard. Abraham est le père de tous les croyants, chrétiens, juifs et musulmans. Il est le premier patriarche à qui Dieu s’adresse dans le dessein bien mystérieux de conclure une alliance. Pour la première fois, un dieu parmi la multitude de divinités du panthéon s’invite à participer à l’aventure humaine. Il ose demander à l’homme de prendre son bâton de pèlerin et de quitter son pays, à l’âge de soixante-quinze ans, pour une aventure prometteuse :

L’Éternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. (Gn 12,1).

Ainsi Abraham se met en marche et découvre un nouveau dieu dont il ne connaît même pas le nom. À l’itinéraire géographique répond une conversion intérieure comme le souligne Alain Marchadour :

L’invitation au voyage a été interprétée, non seulement comme un mouvement géographique, mais comme un déplacement intérieur, à la recherche de sa propre vérité, en même temps qu’en quête du mystère de Dieu qui appelle .

Qu’un dieu veuille conclure une alliance avec un homme est une image plutôt révolutionnaire à une époque où les dieux se contentent de régenter du haut de leur ciel. Dieu prend l’initiative de venir à la rencontre de l’humanité sous la forme d’un contrat conjugal, en somme un « je t’aime, tu m’aimes », à l’instar de tous les couples de ce monde.

Lors de la signature du contrat avec Abraham, Dieu répond aux besoins fondamentaux du patriarche : une terre et des descendants aussi nombreux que les étoiles du ciel (Gn 17,1-11 ; 22,17). Abraham ne pouvait rêver d’un meilleur parti. La toute-puissance divine répond aux attentes existentielles du patriarche. En échange, Dieu ne demande finalement pas grand-chose : être le Dieu d’Abraham et celui de sa postérité ; en somme, être unique, comme l’exigent tous les amoureux du monde, ce que résumera le prophète Ézéchiel bien des siècles plus tard :

Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. (Jr 30,22).

En d’autres passages, Dieu va jusqu’à se présenter comme un Dieu jaloux face à la moindre concurrence : Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu ; car l’Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux. (Ex 34,14).

Voilà une image déroutante de Dieu amant ne supportant aucune infidélité. Le Dieu d’Israël est finalement un amoureux comme les autres, ni meilleur ni pire. Sa toute-puissance laisse entrevoir des faiblesses bien humaines.

Le choix inaugural d’Abraham et l’élection du peuple d’Israël demeurent mystérieux. Cette décision relève de la libre souveraineté de Dieu. Sans doute a-t-il de bonnes raisons comme tous les amoureux du monde. Les couples apportent de multiples réponses au « pourquoi lui, pourquoi moi », mais n’épuisent pas le sujet parce que toute élection comporte une part de mystère. Peut-être que le choix aurait pu se porter sur un autre, mais vient le temps de l’élection. Celui-ci consiste à poser un acte responsable et à s’engager dans la durée, sans garantie du résultat. Dieu choisit Israël parce qu’il aime ce peuple (Dt 7,6-8).

Dt 7,6 Car tu es un peuple consacré au SEIGNEUR ton Dieu ; c’est toi que le SEIGNEUR ton Dieu a choisi pour devenir le peuple qui est sa part personnelle parmi tous les peuples qui sont sur la surface de la terre. 7 Si le SEIGNEUR s’est attaché à vous et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples.

N’importe quel amoureux donnerait la même réponse et la quête d’arguments rationnels à une élection ne résout pas l’énigme. Comme le souligne Blaise Pascal :

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point .

Dieu ne choisit pas le peuple le plus nombreux, ni d’ailleurs le plus fort. Babylone ou l’Égypte forment des puissances bien plus glorieuses à cette époque, mais l’histoire biblique montre que Dieu se révèle dans la faiblesse bien plus que dans la force. Il préfère l’humble à l’orgueilleux, le pauvre au riche, le faible au fort. Par ailleurs, le peuple d’Israël n’est pas plus saint qu’un autre, malgré les appellations de « peuple saint » ou de « nation sainte » (Is 62,12, Ex 19,6).

L’histoire biblique est parsemée de guerres, de meurtres, d’adultères, d’incestes et de prostitutions, parce que les artisans de cette histoire conservent leur pleine humanité. Dieu cherche à gagner le cœur de l’homme avec les armes de la patience, de la simplicité et de l’humilité. Nulle puissance ne ressort de cette démarche. Comme nous le verrons, Jésus signe l’apogée de cette rencontre.

Sur le peuple élu,voir le commentaire de Roland Bugnon

Pour le meilleur et pour le pire

La pluie et le beau temps

Toutes les alliances comportent des jours heureux et des jours de pluie. Les couples peuvent en témoigner. Si Dieu s’est marié pour le meilleur, il a aussi hérité du pire. Mais tous les amoureux le savent, après la pluie vient le beau temps. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une pluie diluvienne que Dieu signe son premier pacte visible avec l’humanité. Dans le récit du déluge, Dieu regrette la création de l’humanité à cause du mal qu’elle commet à longueur de journée (Gn 6,5-7). Il décide de l’exterminer. Un seul homme trouve grâce à ses yeux : Noé. Dieu lui demande de construire une arche afin de garder en vie un mâle et une femelle de chaque espèce. L’auteur souligne que Dieu est le maître des forces de la nature, parce qu’il en est le créateur et aussi que le péché n’a pas sa place dans son royaume. Le texte affirme avec la force des mots et le choc des images que le mal ne saurait triompher, mais aussi que la mort n’a pas le dernier mot. Dieu accepte de repartir sur de nouvelles bases. Ce sens nous est dessiné sous la forme symbolique de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance de Dieu avec l’humanité, lien entre la terre et le ciel dans les couleurs de la vie (Gn 9,9-17).

Dieu dessine l’arc-en-ciel dans les nuées pour signifier son alliance. Cette théographie est une relecture dans la foi d’un événement purement scientifique. Les auteurs ignorent tout des lois de la lumière. Chacun sait désormais que les gouttes d’eau et les rayons de soleil se marient sous les couleurs chatoyantes de l’arc-en-ciel. Noé l’interprète comme une écriture majestueuse de Dieu dans le ciel. Dieu paraphe là son intervention salvifique auprès de l’homme. L’arc-en-ciel est comme un anneau nuptial que Dieu passe au doigt de la terre. Il est un signe visible à la fois pour Dieu et pour l’humanité. Cela n’empêche ni les raz-de-marée ni les tsunamis de déferler, mais il symbolise une présence et un engagement sans cesse appelés à se renouveler, notamment dans les épreuves. L’arc-en-ciel divin n’en finit pas d’illuminer nos larmes humaines. Il symbolise la confiance inébranlable de Dieu en l’humanité.

Babel et Pentecôte

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Les idoles : l'herbe est plus verte ailleurs

La bible dénonce avec beaucoup d’humour l’inutilité des idoles :

Ceux qui fabriquent des idoles ne sont tous que vanité, et leurs plus belles œuvres ne servent à rien ; elles le témoignent elles-mêmes : Elles n’ont ni la vue, ni l’intelligence, afin qu’ils soient dans la confusion. Qui est-ce qui fabrique un dieu, ou fond une idole, pour n’en retirer aucune utilité ? (Is 44,9-10).
Ces dieux sont comme une colonne massive, et ils ne parlent point ; on les porte, parce qu’ils ne peuvent marcher. Ne les craignez pas, car ils ne sauraient faire aucun mal, et ils sont incapables de faire du bien. (Jr 10,5).
Maintenant ils continuent à pécher, ils se font avec leur argent des images en fonte, des idoles de leur invention ; toutes sont l’œuvre des artisans. On dit à leur sujet : que ceux qui sacrifient baisent les veaux ! (Os 13,2).

Le veau d’or, un dieu à notre portée

Voir le commentaire de François Campagnac

Dieu nous donne son nom

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Dieu nous parle

Un certain nombre de chrétiens ont tendance à croire que, Dieu étant l’Être absolu, chacune de ses paroles a une valeur absolue, indépendante de tous les conditionnements du langage humain… Le Dieu de la Bible n’est pas un Être absolu qui, écrasant tout ce qu’il touche, supprimerait toutes les différences et toutes les nuances… Loin d’anéantir les différences, Dieu les respecte et les valorise. Lorsqu’il s’exprime dans un langage humain, il ne donne pas à chaque expression une valeur uniforme, mais il en utilise les nuances possibles avec une souplesse extrême et il en accepte également les limitations. Jean-Paul II.

Dieu nous tutoie

Dieu nous appelle

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Voir le commentaire sur la vocation d'Abraham (Agnès Adeline-Schaeffer)

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