Enivrons-nous d'amour jusqu'au matin ! Jouissons dans la volupté ! (Pr 7,18)

La sacramentalité du mariage

1 – L’analogie sponsale (conjugale ou nuptiale)

Tout d’abord une précision terminologique. Jean-Paul II utilise le mot « sponsal ». Ce mot nous vient du latin sponsa = fiancée et sponsum = promesse. Le latin nuptialis désigne les noces alors que conjugium définit l’union.

Si nous lisons la bible, nous découvrons que cette collection de 73 livres nous parle de couple, de mariage, de noces du début à la fin ; de la Genèse à l’Apocalypse. L’image nuptiale est omniprésente dans la bible. Elle s’ouvre sur la création de l’homme et de la femme appelés à ne former qu’une seule chair. Elle se poursuit par les textes des prophètes qui parlent de l'amour de Dieu pour son peuple comme celui d’un mari pour sa femme. Dieu élève son peuple à la dignité d’Épouse dans les livres d’Osée, de Jérémie, d’Ezéchiel, et dans les derniers chapitres du livre d’Isaïe. Évoquons aussi le Cantique des cantiques qui dépeint la passion érotique d’un homme pour une femme et que certains Pères de l’Église tels que Hyppolite de Rome et Origène, ont interprété comme la passion de Dieu pour son peuple. Dans le Nouveau Testament, Jésus vient incarner l’amour divin. Dans les Évangiles, le Christ assume le titre d’Époux (Mt 9,14-16, Mt 22,1-13, Jn 3,26-29), sans que l’Épouse soit explicitement identifiée. C’est saint Paul qui désigne l’Église comme épouse (2Co 1,2, Ep 5,21-33). Enfin, L’Apocalypse, décrit les noces de l’Agneau (Ap 19,7-9) et la Jérusalem nouvelle comme une « fiancée parée pour son époux » (Ap 21,2.).

La bible est la révélation d’une alliance et les auteurs racontent cette alliance au moyen d’une histoire d’amour entre un amant et sa bien-aimée, entre Dieu et son peuple Israël, entre Dieu et l’humanité entière à travers l’incarnation de son fils, enfin entre le Christ et son Église dans le texte que nous venons de lire.

L’alliance homme-femme vient éclairer le mystère de l’alliance de Dieu avec l'humanité et en même temps l'alliance de Dieu avec l'humanité vient révéler le mystère du mariage.

Je voudrais juste vous faire partager quelques extraits bibliques de l’Ancienne Alliance, pour vous montrer la richesse de cette allégorie.

Ainsi le prophète Osée parle de fiançailles à propos de l’engagement de Dieu auprès de son peuple :

Os 2,19-20 Je serai ton fiancé pour toujours ; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde ; je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l’Éternel.

Dieu fiancé d’Israël et par extension de tous les peuples ! Étonnante image imprégnée de tendresse et d’avenir prometteur. Pour exprimer cette aventure passionnée, Osée utilise les mots des amoureux de tous les jours en leur donnant un rayonnement divin. Dans ces versets résonne le mystère de l’engagement de Dieu auprès de l’humanité. Il commence par un désir d’éternité ; tous les amants conjuguent le verbe « aimer » avec le qualificatif temporel « pour toujours ». Vient ensuite la volonté de respecter son partenaire dans la justice et le droit ; le contrat conjugal ne saurait être bafoué. Puis se déroule la vie conjugale avec des moments de grâce, ainsi que des temps de pardon sans lesquels le couple se condamnerait. N’oublions pas la fidélité ; s’aimer, c’est demeurer fidèle à ses engagements, à ce partenaire choisi pour toujours. Enfin, après les fiançailles, vient la connaissance, c’est-à-dire la relation intime appelée à s’épanouir dans un avenir.

Lors du retour d’exil, le prophète Isaïe célèbre ce retour en terre promise comme des noces et présente Dieu comme un époux :

Is 54,4-8 ;10 Ton époux, c'est ton Créateur… Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée, a déclaré le Seigneur, dans sa tendresse pour toi (Jean-Paul II consacre une audience complète (TDC 95) au commentaire du texte d'Isaïe à la lumière de la lettre aux Éphésiens). Is 62,3-5 Tu seras une couronne de splendeur dans la main de Yahvé, un turban royal dans la main de ton Dieu. On ne te dira plus : « Délaissée » et de ta terre on ne dira plus : « Désolation ». Mais on t'appellera : « Mon plaisir est en elle » et ta terre : « Épousée ». Car Yahvé trouvera en toi son plaisir, et ta terre sera épousée. Comme un jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet.

Citons enfin le prophète Jérémie :

Jr 31,3 Je t’aime d’un amour éternel.

Quel(le) partenaire ne voudrait pas s’entendre murmurer au creux de l’oreille cette passion de Dieu pour son peuple.

Cette alliance entre Dieu et l’humanité s’accomplit dans le don du Christ pour son Eglise (Ep 5,21-33).

Le mystère des rapports entre le Christ et l’Église révèle en même temps la vérité essentielle sur le mariage. L’analogie utilisée dans l’épître aux Éphésiens, en éclairant le mystère des rapports entre le Christ et l’Église, révèle en même temps la vérité essentielle sur le mariage : c’est-à-dire que le mariage ne correspond à la vocation des chrétiens que lorsqu’il reflète l’amour que Christ-Époux donne à l’Église son Épouse et que l’Église(…) s’efforce de rendre au Christ (Jean-Paul II, Théologie Du Corps 90).

Bien sûr cette allégorie nuptiale n’épuise pas le mystère de Dieu ni le mystère de la relation homme-femme, mais il nous permet de mettre le doigt sur notre vocation à aimer fidèlement pour toujours.

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