Aimer la sagesse, c’est aimer la vie (Si 4,11)

Repères éthiques pour une sexualité joyeuse

Une sexualité épanouie

En matière de sexe, la règle actuelle est celle d’une sexualité épanouie, hyperactive, génératrice de plaisir pour les hommes et pour les femmes. Par ailleurs, la sexualité n’est plus taboue, on ose en parler.

Les écueils à éviter

L’orgueil

L’orgueil est le péché capital par excellence, celui qui ouvre la porte à tous les autres péchés. Il se présente sous la forme d’un « moi je », insolent et vaniteux tel un phallus dressé cherchant à se complaire dans une autosatisfaction.

L’orgueilleux n’accepte pas que quelqu’un d’autre lui dicte sa conduite. Pire, il énonce sa propre loi entièrement tournée à son service et, finalement se vante de sa bonne conduite à l’égard de ses propres règles.

Le premier péché d’orgueil est celui d’Adam et Ève dans le paradis terrestre. « Adam et Ève, c’est toi et moi » chantait Sheila en 1973. Adam et Ève, c’est effectivement chaque homme et chaque femme appelés à vivre dans un jardin d’Eden. Mais il est bien tentant de vouloir jouer les dieux et de s’arroger tous les pouvoirs. L’orgueil commence à ce moment précis où Adam et Ève décident par eux-mêmes ce qui est bien et ce qui est mal au lieu d’accepter les limites fixées par le créateur.

Bien des gravures montrent Adam et Ève croquant dans une pomme. Si l’expression « croquer dans la pomme » a désormais pris une connotation sexuelle, la Genèse ne parle ni de pommier, ni de péché sexuel. Mais en matière sexuelle de multiples limites naturelles, sociales ou morales se dressent face au désir infini de l’homme et de la femme.

Le premier péché d’orgueil est de se croire à l’abri de toute tentation. Celle-ci jaillit à l’improviste, au détour d’une faiblesse, dans une confidence anodine, dans un regard furtif. Assurance rime avec prudence. Il vaut mieux reconnaître ses faiblesses et se donner les moyens de les pallier que de voir sa puissance se briser sur les lames du plaisir.

Le second consiste à croire que l’on peut combler toutes les attentes de son partenaire. Le désir déborde toujours le don, car le désir est infini. Et si le désir proprement sexuel tombe en sommeil après le feu de l’orgasme, il renaît inexorablement de ses cendres.

Tous les autres se traduisent par une égo-sexualité.

L’avarice

L’avarice est le péché de la possession. L’avare en veut plus pour lui-même et refuse de donner ce qu’il possède. Traditionnellement rattaché à l’argent, ce péché s’applique également au sexe. L’avare possède de multiples talents, mais il les garde enfouis au fond de lui-même. Il sait caresser, embrasser, manifester sa joie dans une rencontre voluptueuse. Oui, mais voilà, de peur de perdre ou de gâcher ses multiples capacités, il ne donne rien. Sagement allongé sur le dos, il attend que son partenaire vienne satisfaire son désir. Et lorsque le partenaire tarde à lui prodiguer quelques plaisirs, il va le chercher et le dérober à la sauvette comme un voleur dans la nuit.

L’avare ne vit que pour lui-même, pour le contentement de ses propres sens. L’autre est un serviteur actif ou docile dans lequel il puise son égo-sexualité. Sa main ne caresse pas, mais saisit ; sa bouche mange au lieu d’embrasser ; son sexe fend ou happe plutôt que de communier. Et après la jouissance, l’avare se retourne dans son lit dans un contentement narcissique.

La luxure

La luxure est le péché sexuel par excellence. Il désigne un penchant immodéré pour les plaisirs sexuels et se manifeste aussi bien dans la masturbation effrénée devant un film pornographique que dans l’adultère ou tout simplement dans tous les actes qui déshumanisent la personne.

La luxure coupe le corps en morceaux pour n’en retenir que les parties les plus excitantes. Le visage n’est plus qu’un sexe à l’image du célèbre tableau de Dali ???. Et le sexe n’est plus qu’une béance. Qu’il s’agisse d’imagination, de paroles ou d’actes, le luxurieux parcellise le corps pour en jouir au maximum. Il zappe d’une partie à l’autre, voire d’un(e) partenaire à l’autre, toujours en quête d’un plaisir plus dévorant.

La gourmandise

En quoi la gourmandise peut-elle être qualifiée de péché capital ? Elle ne se présente que comme un petit défaut, un péché mignon a priori sans conséquence.

La consommation est légitime, même quand il s’agit du corps de l’autre. Les amants passionnés vont jusqu’à se dévorer. Mais sur les publicité sur l’alcool, il est préciser « à consommer avec modération ».

La gourmandise ne sait plus s’arrêter. Elle avale sans goûter ; elle ingurgite sans déguster. Le moindre bout de sein en liberté devient un bonbon rose qu’il faut croquer avec avidité, sans même demander le consentement à son partenaire ; et que dire du pénis…

La jalousie

La jalousie emprisonne le partenaire dans le carcan d’une possessivité exacerbée. L’autre n’a plus le droit d’exister en-dehors de sa propre sphère. Le plus petit mot, le moindre regard et même le geste amical sont analysés et scrutés de façon morbide afin de ramener l’autre non pas dans le bon chemin, mais sur le sien. Le clin d’œil est guetté, la bise est soupçonnée, les mains sont espionnées et les mots sont interprétés.

Poussée à l’extrême la jalousie voit dans tous les écarts une forme d’adultère. Actes, attitudes et paroles prennent une connotation sexuelle. Le partenaire m’appartient exclusivement, non plus comme homme ou comme femme à découvrir au sein d’une relation, mais comme prisonnier attendant que son maître daigne lui rendre visite. La jalousie jaillit dès lors que le prisonnier s’échappe de sa cage.

La paresse

« Non, pas ce soir chéri(e), j’ai mal à la tête ». Ces propos symbolisent la paresse sexuelle contre laquelle l’aspirine de l’imagination et de la fantaisie est un remède efficace. Tous les couples tombent peu ou prou dans cette acédie charnelle qui est un péché capital au regard de leur union.

Trop de sexe tue le sexe ; son absence est tout aussi dangereuse, car elle emporte le corps dans une apathie et une léthargie prompte à se réveiller dans des paradis illusoires. Entre l’excès de la pornographie et la continence paresseuse, il appartient au couple de s’inventer un jardin d’Eden sans fruit défendu dans lequel les ébats érotiques ne finiront jamais de les combler.

La paresse sexuelle naît de l’habitude et de la routine où les scénarii sont écrits à l’avance, où la fin du film ne laisse aucune place au suspens. La chair devient triste lorsque le corps dénudé du partenaire n’offre plus aucune emprise au désir parce que les mains et les lèvres n’ont plus rien à découvrir, si ce n’est des mécanismes rodés et connus par avance. La relation est alors bâclée comme un devoir conjugal vite expédié pour mieux se plonger dans les bras de Morphée ou un roman bien plus excitant.

La paresse sexuelle est insidieuse car elle s’installe à l’insu des partenaires. Le réveil est alors brutal ; parfois dans les bras d’un(e) autre. À l’image d’un cancer, il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard. Le dialogue est à cet égard encore le meilleur moyen pour investiguer la place et crever les abcès. Avouer sa paresse, c’est déjà prendre le chemin d’un renouveau. Oser dire à son partenaire « je n’éprouve plus de désir sexuel à ton égard », c’est prendre le risque d’une rupture, mais c’est surtout redonner une chance à une radicale conversion du couple.

La grâce des retrouvailles jaillit de cette ouverture au désir de l’autre tout en tenant compte de sa finitude.

La colère

La colère est le fruit malsain de tous les péchés précédents. Je m’emporte dans des paroles et des gestes démesurés parce que mon partenaire ne répond pas à mes attentes ; en somme parce qu’il n’est pas à mon image. La colère est à la mesure de nos déceptions. À trop vouloir attendre de l’autre qu’il soit un dieu, même en matière sexuelle, finit par engendrer une exacerbation. La colère est la goutte qui fait déborder le vase de l’impatience ou exploser la cocotte-minute de la violence contenue. Ce partenaire devrait comprendre ce que j’attends de lui sans même lui le dire et devrait surtout me satisfaire en toutes choses. La colère exige par la violence verbale et physique ce qui relève du dialogue, de l’attente, voire de la diplomatie.

Il y a bien sûr de saintes colères au service d’une juste cause. Le Christ ne s’est-il pas lui-même mis en colère face aux vendeurs du temple qui bafouaient ce lieu sacré ? Le conjoint est en droit de se mettre en colère face à un constat d’adultère qui est une forme de profanation d’un temple sacré.

L’attente

Combler le désir demande du temps : un temps infini parce que le désir est infini. Le désir ne se conçoit donc pas hors de la sphère de l'attente. L'attente évite l'atrophie du désir et favorise la durée.

L'attente est au fondement de la vie elle-même. Ne faut-il pas neuf mois d'attente pour que la vie jaillisse ? L'écart entre le moment du désir et sa satisfaction constitue cet espace/temps durant lequel s'organise et se structure l'événement attendu.

Dans une fête, le moment le plus agréable n'est-il pas celui de l'attente ? Car dans l'attente, le sujet sait que les moments de plaisir sont devant lui. L'attente laisse au corps le temps de se préparer pour la fête. Elle est elle-même une fête. L'assouvissement provoque la nostalgie du temps du désir. Les lendemains de fête laissent place à un vide, car plus rien n'est attendu.

La libération des moeurs et le climat culturel d'aujourd'hui ne favorisent pas l'attente. «Le temps n'est plus un obstacle à l'assouvissement du désir» souligne E. Badinter (E. BADINTER, L'un est l'autre, Odile Jacob, 1986, p. 325) . L'immédiateté l'emporte sur l'attente. Le temps est davantage conçu comme une suite d'instants dont il faut tirer profit, que le lieu de réalisation d'un projet. L'attente est synonyme d'ennui. Or sans attente, le projet de vie commune est noyé dans une succession anarchique d'événements. Leur unique objet est de satisfaire le désir immédiat du corps. Dans cette perspective, «on brûle les étapes, les phases intermédiaires sont télescopées, sans contrainte, sans obstacle, sans délai; le désir fond dans sa réalisation immédiate (S. CHALVON-DEMERSAY, Concubin-concubine, Seuil, 1983, p. 101) .» Le corps de l'autre n'est plus un lieu de découverte progressive, mais le moyen d'une satisfaction éphémère en dehors de toute perspective à long terme.

La précipitation et le refus de l'attente engendrent des regrets comme en témoigne cette femme citée par S. Chalvon-Demersay :

«J'ai toujours regretté qu'on n'ait pas eu le temps de tomber amoureux. On a tout de suite été plongé dans une intimité très grande et des liens très forts. Mais on n'a pas eu le temps de se découvrir. On a court-circuité toute la période d'attente, de recherche, où on rêve à l'autre, où on attend ses regards, où on guette ses sourires avec le coeur qui bat quand il regarde ailleurs ou qu'il est en retard à un rendez-vous. En trois jours, on était déjà un vieux ménage (S. CHALVON-DEMERSAY, Concubin-concubine, Seuil, 1983, p. 102) .»

Le culte du tout, tout de suite, provoque l'atrophie du désir. L'intensité maximale est recherchée dans la multiplicité des expériences. A l'instar du «zapping» le sexe se meut dans une quête de l'image la plus exaltante et la plus jouissive.

La fantaisie

L'homme et la femme doivent ainsi canaliser leurs désirs tout au long de leur existence, afin que ceux-ci ne se transforment pas en besoins qu'ils ne maîtriseraient pas. Mais

«si le désir a besoin d'être endigué et éclairé, il doit aussi demeurer prospectif et inventif (M. LEGRAIN, Le corps humain, 1992, Centurion, p.117) »

afin que la relation ne sombre pas dans la monotonie et l'anonymat. Le désir ouvre le corps sur l'inconnu. Il ignore la nature des découvertes à venir. Il engage sur un terrain incertain où la sécurité absolue n'est plus assurée.

F. Dolto, «le désir, pour être humain, n'a sens de désir que s'il y a une insécurité qui l'accompagne. Il faut qu'il y ait risque pour qu'il y ait désir, car le désir n'est jamais répétitif (F. DOLTO, L'homme et son désir, Christus, 71, 1971, p. 365) .»

Le désir se dit au risque du «non», de la déception, mais aussi de l'émerveillement. Lorsque la sexualité sombre dans la routine, lorsque les gestes et paroles perdent leurs significations symboliques, lorsque les désirs restent lettres mortes, alors le couple fait la douloureuse expérience de l'anonymat du corps à corps.

«Tout m'est permis, mais tout ne me convient pas», déclare Saint Paul (1Co 6, 12) .

Un pervers c'est quelqu'un qui utilise l'autre comme un objet pour assouvir son désir, indépendamment de son consentement. Un violeur, un pédophile sont des pervers. La perversion diffère de la fantaisie sexuelle dans le fait que l'un des partenaire subit, sans consentement ni plaisir, l'acte voulu par l'autre. La fantaisie sexuelle n'a pas de tabou à condition qu'il y ait adhésion et plaisir mutuels des partenaires.

Mais la fantaisie sexuelle, même mutuellement consentie, peut tourner à la perversion si les partenaires "dépassent les limites" et perdent le contrôle de leurs actes. Par exemple des pratiques sadomasochistes non contrôlées peuvent, j'imagine, tourner à la catastrophe.

Du plaisir à la joie

Le plaisir est lié à l'acte qui l'engendre. Si celui-ci se vit dans un esprit de domination et d'égoïsme, alors il renie la portée symbolique du plaisir. Or le plaisir amputé de sa dimension symbolique pousse vers d'autres plaisirs. Don Juan est tombé dans cette impasse. Ses multiples conquêtes et prouesses n'opèrent aucune transformation de l'existence, car elles tournent sur elles-mêmes. L'ouverture symbolique est abolie au profit de la seule jouissance organique. Par contre, si l'acte est ouvert sur l'autre, alors le plaisir mène le corps à la joie intérieure.

«La nature nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie et non pas le plaisir. La joie annonce toujours que la vie a réussi, qu'elle a gagné du terrain, qu'elle a remporté une victoire, toute grande joie a un accent triomphal(H. BERGSON, L'énergie spirituelle, PUF, 1949, p. 23) .»

Le plaisir rapproche les corps. Mais seule la joie témoigne de l'authenticité de la communion des corps. Le plaisir recherché pour lui-même ne conduit pas à la joie. La joie est une émotion intérieure. Elle ne nie pas les sens, mais les transcende. Au plaisir succède la tristesse dès que le paroxysme est atteint, s'il ne procure rien de plus que lui-même. Le triomphe mène à l'échec et à la tristesse si rien n'a changé en soi-même. Le dicton «post coïtum animal triste est», traduit cette expérience pauvre en joie. La joie naît dans le don du corps charnel et spirituel. La jouissance conduit à une chute ou à une extase; une chute si elle se réduit au corps charnel, car alors elle meurt dans son propre paroxysme; une extase si elle se déploie dans le concert du corps charnel et spirituel, car alors elle s'ouvre sur l'illimité, sur le mystère de la vie et de la mort. La joie est le plaisir du corps spirituel. Ainsi,

«la jouissance est le lieu où se vérifie et se réalise la rencontre du plus charnel et du plus spirituel. Le plus charnel : la révélation de la chair comme chair; le plus spirituel : l'entrée dans le dynamisme de l'amour authentique (X. LACROIX, Le corps et l'esprit, Vie chrétienne, 1995, p. 8) .»

Le plaisir est éphémère. Il se tarit dès que le besoin est satisfait. La joie est durable et intérieure. Le plaisir sensoriel participe à la joie. Plaisir et joie ne s'opposent pas. Mais la joie n'est pas une somme de plaisirs. La répétition d'orgasmes ne conduit pas à la joie. Le passage du plaisir à la joie relève du mystère de l'être. Dans la joie, le corps est atteint en son intériorité la plus profonde. Le plaisir mène à la joie lorsque les actes ont un sens, lorsqu'ils sont empreints d'amour.

«Aimer, c'est se réjouir» dit Aristote (ARISTOTE, Ethique à Eudème, VII, 2, 1237a 37-38, Vrin, 1991, p. 162) .

En somme, le plaisir est au service de la joie et, en définitive, de l'amour. Mais le plaisir n'est pas l'amour. Séparé de l'amour, il peut devenir un objet de commerce comme n'importe quel produit. La prostitution, avec toute la violence physique et morale qu'elle comporte, est le paradigme de cette dichotomie entre l'amour et le plaisir. Lorsque le plaisir est au service de l'amour, alors il devient une des manifestations sensibles de cet amour. Le plaisir est un des innombrables matériaux de l'amour conjugal. Condamné pendant deux millénaires, réhabilité aujourd'hui, le plaisir est intrinsèquement bon, car il appartient à la nature humaine telle que Dieu l'a créée. Son utilisation conduit, soit à l'aliénation du corps, soit à son épanouissement. Une chose qui au départ est bonne peut se transformer en arme redoutable. Le plaisir conduit à la vie ou à la mort : vie dans la joie, l'amour et la fécondité; mort dans l'égoïsme, la violence et le viol. Le viol est le archétype du plaisir meurtrier ou l'autre est annihilé dans son corps et par-delà son corps. L'amour vise tout le contraire. Il cherche l'autre pour l'autre dans la communion des corps.

Seule la communion permet effectivement à l'homme et à la femme d'être vraiment eux-mêmes, comme l'explique D. Vasse :

«Il est donné à l'homme de transmuer le rapport de consommation, dans lequel il s'origine et sans lequel il meurt, en rapport de communion dans lequel les différences ne s'acharnent plus à se faire disparaître en nourriture, mais peuvent se réaliser en inaliénables libertés. Lorsque la consommation peut devenir le signe d'une communion apparaît l'homme (D. VASSE, Le temps du désir, Seuil, 1969, p. 64) .»

Ainsi le rapport à l'autre se meut dans une dynamique de conversion. Le passage du plaisir à la joie s'enracine dans l'amour oblatif. L'union des corps a pour vocation d’exprimer cet amour oblatif entre les partenaires. Elle approfondit leur unité. Elle est source de joie et de reconnaissance :

«Les actes qui réalisent l'union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécus d'une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s'enrichissent mutuellement de joie et de reconnaissance(. Concile oecuménique Vatican II, Gaudium et spes, 49, Centurion, 1967, p. 276) .»

Le plaisir s'analyse donc à la fois comme une limite et comme un passage. Il est limité puisqu'il meurt en son paroxysme. Mais, en même temps, il ouvre sur la reconnaissance de l'autre comme étant la source même du plaisir, dans le don réciproque des corps.

L’amour comme finalité ultime de la sexualité

Faire grandir le couple

Nous = je + tu sans que le je et le tu disparaissent.

Donner du sens

Deux corps ne communient pas dans l'espace du plaisir, car cet espace n'est pas commun. Chaque jouissance est propre. Il est donc illusoire de vouloir fonder une relation sur le plaisir, car il n'y aura jamais de mise en commun. Le sens du plaisir n'est pas dans le plaisir lui-même. Comme le souligne

F. Chirpaz, «ce qui lui donne sens, ce qui l'établit dans son sens, c'est la rencontre à quoi il invite et qu'il appelle. Le refus de comprendre le plaisir comme suffisance de la satisfaction n'est donc en rien un refus du plaisir en lui-même, il est affirmation que le désir vise, par-delà la satisfaction, à une plénitude que seule la rencontre d'un autre dans son être personnel peut fonder. La tentation et le risque du plaisir est de s'établir dans un oubli de l'autre (F. CHIRPAZ, Dimensions de la sexualité, Etudes, 1969, p. 420) .»

Or dans la rencontre, l'autre est abordé, soit comme sujet, soit comme objet. S'il est sujet, alors il est respecté dans sa dignité humaine; s'il est objet, alors il n'est qu'un moyen. Or, comme le souligne

Jean-Paul II, «la personne ne peut jamais être considérée comme un moyen d'atteindre une fin, et surtout jamais comme une source de jouissance. C'est la personne qui est et doit être la fin de tout acte. C'est ainsi seulement que l'action répond à la véritable dignité de la personne (JEAN-PAUL II, Lettre aux familles, Mame/Plon, 1994, p. 42) .»

Le plaisir est une extase. Son absolutisation enferme le corps dans l'instant et le monde clos des sens. L’ambiguïté ne peut s'assumer et se lever que dans la reconnaissance que l'absolu n'est pas l'absolu du plaisir et dans la réciprocité du don.

L’amour fondement universel de l’éthique

Dépoussiérer la loi

La sexualité chemin vers Dieu p. 268 : « Le message chrétien sur la vie sexuelle doit savoir se dépoussiérer pour s’axer un idéal de l’amour, idéal où la pratique de la sexualité a vocation à être merveilleuse, porteuse de joie, de spiritualité, de vie. L’idéal seul à la différence de la Loi, particulièrement lorsqu’il est vivifié par la foi, sait mobiliser l’être en profondeur et orienter valablement sa liberté »

P. 275 : Sans doute faut-il aller au bout des réflexions sur la théologie du corps, sur l’éros et l’éros de Dieu, jusqu’à secouer le cocotier des positions traditionnelles sclérosantes, non pas pour céder au laxisme ambiant, mais pour prôner, sans entrave et sans tabou, le rôle essentiel de la sexualité dans l’amour et en cela, dans la marche vers Dieu »

De l’éros humain à l’agapè de Dieu

La sexualité chemin vers Dieu p. 274 « Avec la sexualité on touche l’infini : l’infini dans l’amour, dans la rencontre de l’autre, dans la vision offerte sur l’éternité qu’apporte le plaisir, avec le temps qui semble s’arrêter… Il n’est pas étonnant que lorsque l’union sexuelle est vécue dans un contexte d’amour et de joie partagée, Dieu puisse se laisser entrevoir au bout du chemin. »

Benoît XVI, Dieu est amour, 5 : Oui, l’eros veut nous élever «en extase» vers le Divin, nous conduire au-delà de nous-mêmes

Une sexualité chrétienne ?

La sexualité est un moment d’émerveillement, de grâce durant lequel l’homme et la femme vivent les paroles de la Genèse : ils ne feront qu’une seule chair. Jésus reprend cette phrase, mais il ne l’enferme pas dans une religion ou un ensemble de religions (catholicisme, protestantisme, orthodoxie). Tous les couples quelles que soient leur race et leur culture sont appelées à vivre une sexualité authentiquement humaine.

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