L'amour est le plus court chemin pour rencontrer Dieu et son prochain

La morale sexuelle post bible

Les pères de l’Église

La primauté de la procréation sur le plaisir

Le plaisir sexuel est discrédité par l'Église du IIe au XXe siècle. Entre ces deux siècles, les théologiens enrichissent leur doctrine. Ni l'Ancien Testament, ni le Nouveau ne justifient le discrédit jeté sur le plaisir. Certes, l'Ancien Testament privilégie la descendance dans les rapports conjugaux, mais cette primauté n'exclut pas la passion comme en témoignent les exemples de Jacob face à Rachel (Gn 29, 15-30), de David face à Bethsabée (2S 11, 1-27), ou encore des amants du Cantique des cantiques.

La finalité des relations sexuelles est la procréation qui doit se faire exclusivement dans le cadre du mariage. Le mariage devient en ce sens le remède à la concupiscence. Certains auteurs n’hésitent pas à exalter la virginité et la continence, car elles seules permettent la communion avec Dieu. Le bonheur est lié à la continence comme le montre cet extrait des Actes de Paul : «Heureux ceux qui gardent la chasteté de leur chair, parce qu'ils seront le temple de Dieu. Heureux les continents parce qu'avec Dieu s'entretiendront... Heureux ceux qui ont des femmes comme s'ils n'en avaient pas, parce qu'ils auront Dieu comme héritage (Cité par Ch. MUNIER, Mariage et virginité dans l'Église ancienne, Peter Lang, 1987, p. 52) ».

Les origines du discrédit du plaisir s'enracinent dans la volonté de l'Église des premiers siècles d'élaborer une discipline morale dans une société où les mœurs sont relâchées. Déjà saint Paul avait fait ce constat dans ces différents voyages. La procréation apparaît alors comme la mesure et le point de repère de l'éthique sexuelle. Comme le souligne E. Fuchs, «cette réaction puritaine n'était pas seulement le fait des chrétiens, mais aussi celui de tout un courant profond de la société antique au tournant du second siècle. Le christianisme a certes renforcé ce courant : il ne l'a nullement créé (E. Fuchs, Le désir et la tendresse, Labor et Fides, 1979, p. 102) ». Le stoïcisme et, à partir du IIIe siècle le néo-platonisme, apportent les arguments philosophiques en faveur d'une conjugalité non passionnelle (Cf. J. GUYON, Le fruit défendu, Le Centurion, 1985, pp. 37-51; M.-O. METRAL, Le mariage, les hésitations de l'occident, Aubier, pp. 41-57; J. JOUBERT, Le corps sauvé, Cerf, 1981, pp. 17-23. E. FUCHS, op. cit., pp. 103-105; M. ROUCHE, Christianisme et sexualité, Alliance 9-10, 1980, pp. 70-79).. Le stoïcisme vise à réfréner les mouvements passionnels en les soumettant à la raison.

Pour les stoïciens, il ne devait y avoir de rapport sexuel qu’afin de produire des enfants. Le couple ne devait point faire l’amour pour le seul plaisir et ne devait d’ailleurs adopter que les seules positions qui permettaient de « semer » la semence au meilleur effet (P. BROWN, Le Renoncement à la chair, Paris, 1995, p. 44)».

Le néo-platonisme cherche à se dégager au plus vite des complaisances sensibles par l'ascèse. Le plaisir fait perdre la raison. La volupté entraîne un désordre corporel. Le corps s'enivre dans le tourbillon de la sensualité au point d'échapper à la raison. À ces arguments philosophiques s'ajoutent des considérations liées au mystère de la vie.

La science de l'antiquité et du moyen âge vit souvent le sperme comme une matière quasi divine, un éther, un pneuma, un souffle, dont toute déperdition ne pouvait être que péché grave. Des penseurs anciens le considéraient comme une véritable goutte de cerveau (stagon enkephalou). Pour Aristote, le sperme présente tous les caractères du sang. Le répandre, c'est donc mourir un peu; en perdre beaucoup serait mourir complètement. Ainsi, Albert le Grand, au XIIIe siècle, raconta la mort d'un homme qui avait soixante-six fois coïté. L'autopsie aurait montré que ce malheureux avait un cerveau très réduit et avait perdu une partie du sens de la vue(G. BECHTEL, La chair, le diable et le confesseur, Plon, 1994, p. 132).

L'émission de sperme provoque une déperdition du souffle vital. Une activité sexuelle trop intense provoque un affaiblissement de l'organisme et en particulier du cerveau. À la fin du IIe siècle, Clément d’Alexandrie énonce les principes suivants : La sexualité, chemin vers Dieu, p 81

Ces théories marquent profondément les doctrines chrétiennes. Le plaisir et la passion charnelle sont bannis, car ils sont dangereux pour l'homme et pour la société. Ils provoquent le trouble et menacent l'équilibre intérieur. Le mari ne doit pas se comporter en amant, ni la femme en maîtresse. La seule finalité est la procréation. Ainsi, les relations sexuelles pendant la grossesse sont interdites parce qu'elles ont pour finalité le plaisir. Athénagoras le rappelle très poétiquement à l'empereur Marc-Aurèle au IIe siècle :

De même que l'agriculteur qui a jeté sur la terre les semences attend patiemment la moisson sans recommencer à semer, de même la procréation des enfants mesure la satisfaction que nous donnons à notre désir (ATHENAGORAS, Supplique au sujet des chrétiens, 33, Migne, P. G., VI, 965; cité par Ch. MUNIER, Mariage et virginité dans l'Église ancienne, Peter Lang, 1987, p. 38).

La passion amoureuse avec tout l’emportement du plaisir est condamnée. Un passage de saint Jérôme, reprenant Sénèque, est particulièrement évocateur à ce sujet :

«Adultère est l'amoureux trop ardent de sa femme. À l'égard de la femme d'autrui, tout amour est honteux; à l'égard de la sienne excessif. L'homme sage doit aimer son épouse avec jugement, non avec passion : il maîtrise l'emportement de la volupté et ne se porte pas impétueusement à l'accouplement (Jérôme, Contre Jovinien, I, 49, Migne, P. L. 23, 280 et 281, cité par J.-L. FLANDRIN, op. cit., p. 207).»

De nombreux théologiens attirent l'attention des époux sur le fait que la recherche du plaisir est un péché véniel, voire mortel. Telle est la conception augustinienne des relations conjugales :

L'acte conjugal aux fins de la procréation est sans faute; en vue de satisfaire la concupiscence, mais avec son conjoint, pour des raisons de fidélité, il comporte une faute vénielle; quant à l'adultère ou à la fornication, c'est un péché mortel (AUGUSTIN, De bono conjugali, VI, 6, Desclée, 1937).» Car le plaisir tout seul, même s’il est cueilli dans une union légitime, est contraire à la foi et à la volonté de Dieu (CLEMENT d'Alexandrie, Paed., 10.92.2.)

Une seule position est admise : la position naturelle, c'est-à-dire la femme allongée sur le dos et sous l'homme. Elle permet selon les théologiens une meilleure diffusion et rétention de la semence. De plus, l'homme étant supérieur à la femme, il est normal que celui-ci soit au-dessus. L'homme doit dominer la femme (Gn 3, 16) ; il doit être actif et la femme passive. Les positions retro sont rejetées parce qu'elles rabaissent l'homme au rang de l'animal(Cf. J.-L. FLANDRIN, Le sexe et l'occident, Seuil, 1981, pp. 343-344, notes 40 à 45).

Viguerius : Dans l’acte conjugal, l’homme est actif et la femme passive et pour cela le plus noble revient à l’homme. Sanchez : Cette position est convenable parce qu’elle est plus propice à l’effusion de la semence comme à sa réception et à sa rétention dans le vase féminin et parce qu’il est plus conforme à la nature des choses que l’homme agisse et que la femme subisse. Jean-Louis Flandrin, Le sexe et l’occident p. 129-130 Alfonso de Madrigal, théologien espagnol du XVe siècle, classe les péchés de luxure par ordre de gravité croissant, et pour lui, toute recherche du plaisir est un péché mortel, tout plaisir est coupable : penser, parler, sentir, écouter, tout peut conduire à la faute ; la vue, l'ouïe, le toucher, mais aussi la gourmandise et les excès de nourriture inclinent à la luxure. Les stimulations érotiques, les baisers sont condamnés. On remarque sous sa plume une très riche casuistique appliquée aux péchés féminins nés des soins du corps et de toute forme de coquetterie ; ces pratiques engendrent des péchés d’orgueil, et surtout, ils conduisent les hommes à fauter… Les relations sexuelles, précise Alfonso de Madrigal, ne sont tolérées que dans le mariage, et seulement en vue de la procréation (Hélène THIEULIN-PARDO, Péchés de femmes dans les manuels de confession des derniers siècles du moyen-âge, 2012).

Tous les théologiens ne sont certes pas opposés au plaisir. Ainsi, saint Thomas d'Aquin, à la suite d'Aristote, affirme que Le plaisir perfectionne l'activité. Le plaisir est sain et bon dans la mesure où il est voulu en même temps que l'acte visé (THOMAS D'AQUIN, Ia, IIae, q. 33-37, Cerf, 1984, t. 2, pp. 213-237).

L'acte sexuel et le plaisir ne sont intrinsèquement pas mauvais. Dans cette perspective, seuls des actes indignes rendent le plaisir coupable. Mais il faut attendre le XXe siècle pour que l'acte sexuel et le plaisir prennent une dimension relationnelle. En 1951, Pie XII réhabilite officiellement le plaisir :

Le Créateur, dit-il, a ordonné qu'en accomplissant cette fonction, le mari et la femme éprouvent du plaisir et de la joie dans leur chair et dans leur esprit. En recherchant donc ce plaisir et en en profitant, les couples ne font rien de mal. Ils acceptent ce que le Créateur leur a donné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération(Acta apostolicae Sedis, cité dans G. BECHTEL, La chair, le diable et le confesseur, Plon, 1994, p. 360. Repris par le catéchisme de l’Église catholique, n° 2362. L'expression «ne font rien de mal» réhabilite le plaisir, mais n'affirme pas la bonté du plaisir).

Aujourd'hui l'Église reconnaît pleinement la valeur du plaisir sexuel. Elle rappelle cependant, que le plaisir n'est pas une fin en soi : il demeure subordonné aux finalités de procréation et d'union. Le plaisir est donc bon, s'il est au service de la procréation et de l'union conjugale.

Un temps pour embrasser

Le livre de Qohelet précise qu’il y a un temps pour chaque chose, notamment un temps pour embrasser. Mais il s’agit là plus d’une philosophie de vie que de directives morales en matière sexuelle :

Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel un temps pour enfanter et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher le plant, un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour saper et un temps pour bâtir, un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, un temps pour jeter des pierres et un temps pour amasser des pierres, un temps pour embrasser et un temps pour éviter d’embrasser (Qo 3,1-5).

Le christianisme pousse ce principe à son paroxysme en définissant les plages calendaires où les relations sexuelles sont autorisées. Elle donne à travers ce calendrier sexuel une image négative de la continence. L'acte sexuel, avec tout le plaisir qu'il génère, doit être endigué dans un carcan, parce qu'il éloigne de Dieu, ou rend impur.

Les interdits durant les périodes de fêtes trouvent leur justification dans le Nouveau Testament. Paul rappelle en effet :

Ne vous privez pas l'un de l'autre, si ce n'est d'un accord commun, pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble de peur que Satan ne vous tente (1Co 7,5).

L'union des corps est incompatible avec la communion avec Dieu. Cependant, ces propos de Paul ne permettent pas de conclure à une abstinence durant les mercredis, vendredis et samedis ou durant les 40 jours de Carême. Il s'agit en fait d'une «véritable sacralisation de certains temps (J.-L. FLANDRIN, Un temps pour embrasser. Aux origines de la morale sexuelle occidentale, Seuil, 1983, p. 94; sur les temps de pénitence, voir pp. 10 à 40) », qui résulte de la rivalité envers le judaïsme et de la lutte contre le paganisme. Il faut substituer aux différents calendriers avec leurs solennités et fêtes un calendrier proprement chrétien. La continence était alors la marque extérieure d'un temps sacré appartenant exclusivement à Dieu. Les œuvres de la chair sont profanes et rendent impur. Celui qui s'y adonne ne peut vaquer à la prière ou communier, comme le rappelle saint Jérôme (IVe):

Or sachez-le, quiconque rend le dû à son épouse, pour cela il ne peut vaquer à la prière ni se nourrir des chairs de l'agneau (Jérôme, Sermo in privilegio Paschae de Essu Agni, Migne, P. L., XL, 1204; cité par J.-L. FLANDRIN, op. cit. p. 98).

Les pénitentiels répertorient toute une catégorie de péchés graves concernant l'acte sexuel durant des périodes interdites : Carême, jours de fête, périodes de règles, grossesse etc. Sur la question, cf. la synthèse de J.-L. FLANDRIN, Un temps pour embrasser, Aux origines de la morale sexuelle occidentale, Seuil, 1983, pp. 8-55. L'auteur conclut que les époux respectant les interdits se seraient unis environ 4 à 5 fois par mois sur les 93 jours disponibles dans l'année.

Ces péchés sont assortis de pénitences plus ou moins sévères : par exemple le jeûne au pain et à l'eau pendant 40 jours en cas d'accouplement durant les 40 jours avant l'accouchement. Les origines de ces continences forcées sont variées. Outre la condamnation de la recherche du plaisir, notamment en cas de grossesse, les auteurs avancent l'argument de l'impureté dans la lignée des prescriptions du Lévitique (cf. supra). À partir du VIe siècle, l'impureté est également évoquée en cas de grossesse, notamment en fin de gestation. En effet l'embryon présentait un danger pour ceux qui l'approchent, car il n'est pas encore réconcilié par le baptême. La femme est impure parce que l'enfant est impur. Un autre argument devient fondamental à partir du XIe siècle : celui de la vie de l'enfant. L'étreinte conjugale est interdite parce qu'elle risque d'écraser l'enfant, notamment en fin de grossesse.

Semence, plaisir féminins et préliminaires

La chair, le diable et le confesseur, p 134.
Jean-Louis Flandrin, Le sexe et l’occident p. 129-130

Humanæ vitæ

Humanæ vitæ est une lettre encyclique « sur le mariage et la régulation des naissances » promulguée par le pape Paul VI le 25 juillet 1968 et rendue publique quatre jours plus tard. Ce titre correspond aux deux premiers mots de la version latine du texte, qui commence ainsi : « Humanæ vitæ tradendæ munus gravissimum », c'est-à-dire « Le très grave devoir de transmettre la vie humaine »1.

Dans cette encyclique, le Magistère rappelle que la doctrine de l'Église sur le mariage est fondée « sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal : union et procréation » (HV, 12).

Le pape insiste également sur le concept de « paternité responsable », qui demande l'intervention de la raison et de la volonté. Il est demandé aux époux de conformer leur conduite à l'intention créatrice de Dieu11. « Par rapport aux conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance. » — HV, 10

Le pape exprime la doctrine de l'Église catholique sur la contraception artificielle :

« En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques. Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme.

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation. » — HV, 14

L'encyclique encourage toutefois le recours aux méthodes naturelles de régulation des naissances, tout en rappelant discrètement que celles-ci ne sont licites qu'à certaines conditions : « Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures,… » (HV, 16).

La doctrine du catéchisme de l’Église catholique

Le catéchisme de l’Église catholique est promulgué le 11 octobre 1992. Les questions traitant de la sexualité sont rattachées au 6e commandement « Tu ne commettras pas l’adultère », ce qui place la sexualité dans le cadre d’une morale.

Une grande place y est réservée à la chasteté qui se définit comme l’intégration réussie de la sexualité dans la personne (2337). La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi (2339). Ce qui implique la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux situations rencontrées (2340). "La chasteté nous recompose ; elle nous ramène à cette unité que nous avions perdue en nous éparpillant " (S. Augustin, conf. 10, 29). La vertu de chasteté est placée sous la mouvance de la vertu cardinale de tempérance, qui vise à imprégner de raison les passions et les appétits de la sensibilité humaine (2341). La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine (2342). La chasteté connaît des lois de croissance (2343). La charité est la forme de toutes les vertus. Sous son influence, la chasteté apparaît comme une école de don de la personne. La maîtrise de soi est ordonnée au don de soi (2346). Les personnes mariées sont appelées à vivre la chasteté conjugale ; les autres pratiquent la chasteté dans la continence (2349). Les fiancés sont appelés à vivre la chasteté dans la continence (2350).

Les offenses à la chasteté. Par la luxure qui se définit comme est un désir désordonné ou une jouissance déréglée du plaisir vénérien. Le plaisir sexuel est moralement désordonné, quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union (2351). Par la masturbation (2352), la fornication (2353), pornographie (2354), la prostitution (2355), le viol (2356).

Les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas (2357). Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté (2359). La sexualité est ordonnée à l’amour conjugal de l’homme et de la femme (2360). La sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort " (FC 11) (2361).

Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécus d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance " (GS 49, § 2). La sexualité est source de joie et de plaisir (2362). Le Créateur lui-même (...) a établi que dans cette fonction [de génération] les époux éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l’esprit. Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération (Pie XII, discours 29 octobre 1951).

Par l’union des époux se réalise la double fin du mariage : le bien des époux eux-mêmes et la transmission de la vie. On ne peut séparer ces deux significations ou valeurs du mariage sans altérer la vie spirituelle du couple ni compromettre les biens du mariage et l’avenir de la famille (2363).

La fécondité est un don, une fin du mariage, car l’amour conjugal tend naturellement à être fécond. L’enfant ne vient pas de l’extérieur s’ajouter à l’amour mutuel des époux ; il surgit au cœur même de ce don mutuel, dont il est un fruit et un accomplissement. Aussi l’Église, qui " prend parti pour la vie " (FC 30), enseigne-t-elle que " tout acte matrimonial doit rester par soi ouvert à la transmission de la vie " (HV 11). " Cette doctrine, plusieurs fois exposée par le magistère, est fondée sur le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation (2366).

Un aspect particulier de cette responsabilité concerne la régulation de la procréation. Pour de justes raisons (cf. GS 50), les époux peuvent vouloir espacer les naissances de leurs enfants. Il leur revient de vérifier que leur désir ne relève pas de l’égoïsme, mais est conforme à la juste générosité d’une paternité responsable. En outre ils régleront leur comportement suivant les critères objectifs de la moralité (2368).

La sexualité n’est vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne, dans le don mutuel entier et temporellement illimité, de l’homme et de la femme (2337). L’acte sexuel doit prendre place exclusivement dans le mariage ; en dehors de celui-ci, il constitue toujours un péché grave et exclut de la communion sacramentelle (2390).

En conclusion

Que faut-il retenir de la doctrine officielle de l’Église ? Tout d’abord une constance dans son discours concernant les interdits majeurs qui mettent en cause la dignité et l’intégrité de la personne (débauche, prostitution, bestialité, inceste, adultère, viol…).

Elle a par ailleurs aussi toujours placé la relation sexuelle dans le cadre du mariage et dans la perspective de la procréation.

Ce n’est que dans le courant du XXe siècle qu’elle a commencé par parler de licéité du plaisir. Le catéchisme n’évoque pas les positions admises ni les pratiques licites au sein du couple dûment uni dans le cadre du sacrement de mariage. Les fidèles et les moins fidèles retiendront :

La sexualité, chemin vers Dieu p. 263.

Il est possible d’aborder la sexualité sous un angle différent de celui de la morale, c’est-à-dire d’un ensemble d’actes permis et défendus. Trop de couples, même chrétiens, on pourrait même dire surtout chrétiens, se demandent « est ce que j’ai le droit de faire ceci ou cela ?» Cette question témoigne d’un malaise vis à vis du discours officiel.

La sexualité, c’est avant tout une relation entre deux personnes. Les sciences humaines modernes, psychologie, anthropologie, sexologie nous permettent de mieux comprendre ce qui se noue dans la relation et le plaisir qui en découlent. L’Église elle-même en a déjà tiré les conclusions, notamment Jean-Paul II dans sa théologie du corps.

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