• Dieu nous donne son alliance

L'alliance de Dieu

Les objectifs d'une alliance

L’union fait la force

C'est en s'alliant et en associant nos forces que l'on peut vaincre. Ce proverbe s'emploie pour souligner la nécessité de rester uni pour lutter ou combattre. La religion est en ce sens une force, Comme l’indique l’étymologie religare, la religion unit des personnes dans une même croyance. Elle fortifie leur foi. Dans l’histoire du peuple hébreu, les 12 tribus d’Israël s’unissent sous un même roi pour faire face aux dangers philistins, cananéens, assyriens et autres. Toute union est en ce sens révélateur d’une faiblesse, car elle vise à construire un projet impossible à réaliser tout seul. Projets économiques avec la fusion des entreprises, par exemple le consortium européen Airbus. Projets conjugaux : créer une famille.
Comment comprendre l’union entre Dieu et l’humanité que nous traduisons généralement sous le terme « alliance » ?

L’alliance don de Dieu

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L’alliance plus qu’un testament

Voir le commentaire de Yves Guillemette
L'alliance dans la bible - pdf (Joseph Ratzinger)

Le peuple élu

La bible nous propose une étonnante histoire d’amour entre un amant et sa bien-aimée, entre Dieu et son peuple Israël, qu’il se choisit parmi tous les peuples de la terre, entre Dieu et l’humanité entière à travers l’incarnation de la parole de Dieu en la personne de Jésus. Elle raconte une alliance parsemée d’adultères et de pardons, d’indifférence et de passion, de détachement et d’intimité. Dieu est amoureux de nous, comme un fiancé est amoureux de sa belle, jaloux, fidèle et tendre, punisseur et miséricordieux, exigeant et juste.

L’histoire d’un couple commence par la rencontre de l’autre au hasard de la vie. Celle de Dieu et de l’humanité est plus complexe, car les deux partenaires n’en finissent pas de se chercher et de se trouver. À vrai dire, l’histoire biblique est bien plus celle d’un Dieu à notre recherche que le contraire.

Cette aventure amoureuse et aussi religieuse commence avec les patriarches vers 1900 av. J.-C., selon la chronologie biblique. C’est avec Abraham que Dieu pose les fondements d’une conjugalité et d’une religion appelées à se répandre au cœur d’une nation environ sept siècles plus tard. Abraham est le père de tous les croyants, chrétiens, juifs et musulmans. Il est le premier patriarche à qui Dieu s’adresse dans le dessein bien mystérieux de conclure une alliance. Pour la première fois, un dieu parmi la multitude de divinités du panthéon s’invite à participer à l’aventure humaine. Il ose demander à l’homme de prendre son bâton de pèlerin et de quitter son pays, à l’âge de soixante-quinze ans, pour une aventure prometteuse :

L’Éternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. (Gn 12,1).

Ainsi Abraham se met en marche et découvre un nouveau dieu dont il ne connaît même pas le nom. À l’itinéraire géographique répond une conversion intérieure comme le souligne Alain Marchadour :

L’invitation au voyage a été interprétée, non seulement comme un mouvement géographique, mais comme un déplacement intérieur, à la recherche de sa propre vérité, en même temps qu’en quête du mystère de Dieu qui appelle .

Qu’un dieu veuille conclure une alliance avec un homme est une image plutôt révolutionnaire à une époque où les dieux se contentent de régenter du haut de leur ciel. Dieu prend l’initiative de venir à la rencontre de l’humanité sous la forme d’un contrat conjugal, en somme un « je t’aime, tu m’aimes », à l’instar de tous les couples de ce monde.

Lors de la signature du contrat avec Abraham, Dieu répond aux besoins fondamentaux du patriarche : une terre et des descendants aussi nombreux que les étoiles du ciel (Gn 17,1-11 ; 22,17). Abraham ne pouvait rêver d’un meilleur parti. La toute-puissance divine répond aux attentes existentielles du patriarche. En échange, Dieu ne demande finalement pas grand-chose : être le Dieu d’Abraham et celui de sa postérité ; en somme, être unique, comme l’exigent tous les amoureux du monde, ce que résumera le prophète Ézéchiel bien des siècles plus tard :

Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. (Jr 30,22).

En d’autres passages, Dieu va jusqu’à se présenter comme un Dieu jaloux face à la moindre concurrence : Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu ; car l’Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux. (Ex 34,14).

Voilà une image déroutante de Dieu amant ne supportant aucune infidélité. Le Dieu d’Israël est finalement un amoureux comme les autres, ni meilleur ni pire. Sa toute-puissance laisse entrevoir des faiblesses bien humaines.

Le choix inaugural d’Abraham et l’élection du peuple d’Israël demeurent mystérieux. Cette décision relève de la libre souveraineté de Dieu. Sans doute a-t-il de bonnes raisons comme tous les amoureux du monde. Les couples apportent de multiples réponses au « pourquoi lui, pourquoi moi », mais n’épuisent pas le sujet parce que toute élection comporte une part de mystère. Peut-être que le choix aurait pu se porter sur un autre, mais vient le temps de l’élection. Celui-ci consiste à poser un acte responsable et à s’engager dans la durée, sans garantie du résultat. Dieu choisit Israël parce qu’il aime ce peuple (Dt 7,6-8).

Dt 7,6 Car tu es un peuple consacré au SEIGNEUR ton Dieu ; c’est toi que le SEIGNEUR ton Dieu a choisi pour devenir le peuple qui est sa part personnelle parmi tous les peuples qui sont sur la surface de la terre. 7 Si le SEIGNEUR s’est attaché à vous et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples.

N’importe quel amoureux donnerait la même réponse et la quête d’arguments rationnels à une élection ne résout pas l’énigme. Comme le souligne Blaise Pascal :

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point .

Dieu ne choisit pas le peuple le plus nombreux, ni d’ailleurs le plus fort. Babylone ou l’Égypte forment des puissances bien plus glorieuses à cette époque, mais l’histoire biblique montre que Dieu se révèle dans la faiblesse bien plus que dans la force. Il préfère l’humble à l’orgueilleux, le pauvre au riche, le faible au fort. Par ailleurs, le peuple d’Israël n’est pas plus saint qu’un autre, malgré les appellations de « peuple saint » ou de « nation sainte » (Is 62,12, Ex 19,6).

L’histoire biblique est parsemée de guerres, de meurtres, d’adultères, d’incestes et de prostitutions, parce que les artisans de cette histoire conservent leur pleine humanité. Dieu cherche à gagner le cœur de l’homme avec les armes de la patience, de la simplicité et de l’humilité. Nulle puissance ne ressort de cette démarche. Comme nous le verrons, Jésus signe l’apogée de cette rencontre.

Sur le peuple élu,voir le commentaire de Roland Bugnon

Pour le meilleur et pour le pire

La pluie et le beau temps

Toutes les alliances comportent des jours heureux et des jours de pluie. Les couples peuvent en témoigner. Si Dieu s’est marié pour le meilleur, il a aussi hérité du pire. Mais tous les amoureux le savent, après la pluie vient le beau temps. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une pluie diluvienne que Dieu signe son premier pacte visible avec l’humanité. Dans le récit du déluge, Dieu regrette la création de l’humanité à cause du mal qu’elle commet à longueur de journée (Gn 6,5-7). Il décide de l’exterminer. Un seul homme trouve grâce à ses yeux : Noé. Dieu lui demande de construire une arche afin de garder en vie un mâle et une femelle de chaque espèce. L’auteur souligne que Dieu est le maître des forces de la nature, parce qu’il en est le créateur et aussi que le péché n’a pas sa place dans son royaume. Le texte affirme avec la force des mots et le choc des images que le mal ne saurait triompher, mais aussi que la mort n’a pas le dernier mot. Dieu accepte de repartir sur de nouvelles bases. Ce sens nous est dessiné sous la forme symbolique de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance de Dieu avec l’humanité, lien entre la terre et le ciel dans les couleurs de la vie (Gn 9,9-17).

Dieu dessine l’arc-en-ciel dans les nuées pour signifier son alliance. Cette théographie est une relecture dans la foi d’un événement purement scientifique. Les auteurs ignorent tout des lois de la lumière. Chacun sait désormais que les gouttes d’eau et les rayons de soleil se marient sous les couleurs chatoyantes de l’arc-en-ciel. Noé l’interprète comme une écriture majestueuse de Dieu dans le ciel. Dieu paraphe là son intervention salvifique auprès de l’homme. L’arc-en-ciel est comme un anneau nuptial que Dieu passe au doigt de la terre. Il est un signe visible à la fois pour Dieu et pour l’humanité. Cela n’empêche ni les raz-de-marée ni les tsunamis de déferler, mais il symbolise une présence et un engagement sans cesse appelés à se renouveler, notamment dans les épreuves. L’arc-en-ciel divin n’en finit pas d’illuminer nos larmes humaines. Il symbolise la confiance inébranlable de Dieu en l’humanité.

Babel et Pentecôte

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Les idoles : l'herbe est plus verte ailleurs

La bible dénonce avec beaucoup d’humour l’inutilité des idoles :

Ceux qui fabriquent des idoles ne sont tous que vanité, et leurs plus belles œuvres ne servent à rien ; elles le témoignent elles-mêmes : Elles n’ont ni la vue, ni l’intelligence, afin qu’ils soient dans la confusion. Qui est-ce qui fabrique un dieu, ou fond une idole, pour n’en retirer aucune utilité ? (Is 44,9-10).
Ces dieux sont comme une colonne massive, et ils ne parlent point ; on les porte, parce qu’ils ne peuvent marcher. Ne les craignez pas, car ils ne sauraient faire aucun mal, et ils sont incapables de faire du bien. (Jr 10,5).
Maintenant ils continuent à pécher, ils se font avec leur argent des images en fonte, des idoles de leur invention ; toutes sont l’œuvre des artisans. On dit à leur sujet : que ceux qui sacrifient baisent les veaux ! (Os 13,2).

Le veau d’or, un dieu à notre portée

Voir le commentaire de François Campagnac

Dieu nous donne son nom

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Dieu nous parle

La bible se définit traditionnellement comme « parole de Dieu ». Dieu parle ; Dieu nous parle. Dieu parle le langage de l’homme en faisant appel à des interprètes ou des porte-parole. La parole de Dieu est toujours pleinement humaine :

Dieu ne se révèle pas dans des dogmes intemporels, dans des maximes de sagesse figées pour les siècles des siècles, mais dans l’épaisseur d’une histoire, une histoire d’hommes et de femmes en proie à la douleur, à l’interrogation, au doute, au plaisir. Il se déchiffre dans les plis d’une épopée humaine, très humaine (Pierre Gibert).

Tout est de Dieu et tout est de l’homme. Dieu ne prend pas sa plume pour écrire une histoire, mais il se dit à travers des porte-voix. Dieu inspire, mais ne dicte pas ; il suscite, mais n’enchaîne pas ; il appelle, mais n’impose pas. Il se laisse écorner par le langage humain. Il respecte son humanité à tel point qu’il accepte d’être le commanditaire de barbaries ou de meurtres. N’est-ce pas à Dieu qu’est attribué le massacre des premiers-nés égyptiens ? L’Ancien Testament recèle d’épisodes où Dieu prête main-forte à son peuple, quitte à commettre des crimes. Il s’active comme un justicier qui n’hésite pas à châtier le coupable ou le pécheur. C’est là pour Maurice Zundel :

Une des plus émouvantes preuves de l’amour de Dieu… que d’avoir accepté d’être présenté sous le travesti d’un langage inadéquat, qui a pu lui donner, à certaines heures… un visage que les hommes eux-mêmes ne voudraient pas avoir .

Accepterions-nous d’être dépeints comme l’est Dieu dans l’Ancien Testament ? Mais pouvons-nous parler de Dieu sans lui donner un visage humain avec toutes les limites que comporte cet anthropomorphisme ? Nous ne concevons Dieu qu’à travers notre expérience du monde. Si la révélation biblique nous fait accéder à des mystères divins, les mots utilisés pour les dépeindre restent résolument inadéquats, car du monde. Ainsi l’expression de la toute-puissance prend pour appui la puissance humaine magnifiée à l’infini, avec toutes les ambiguïtés que comporte ce vocable.

Comme nous l’avons vu, l’Ancien Testament comporte bien des textes difficiles à entendre aujourd’hui. Qu’en est-il du Nouveau Testament ? Devons-nous l’accueillir comme parole d’évangile immuable et irréfutable ? Prenons l’exemple du discours de Paul sur les femmes que les féministes d’aujourd’hui renieraient certainement. Les femmes doivent être soumises à leur mari parce qu’il est leur chef. Les plus âgées doivent enseigner aux jeunes comment aimer leur mari et leur être soumises. Elles sont d’ailleurs créées pour l’homme dont elles tirent leur gloire. Elles doivent également avoir les cheveux longs et être voilées. L’homme ne doit pas se couvrir la tête, car il est l’image et la gloire de Dieu, ce qui n’est pas le cas de la femme (1Co 11,3-10 ; Eph 5,22 ; Tit 2,3-5).

Ces idées sorties de leur contexte culturel et littéraire donnent l’image d’un Dieu machiste. Paul parle le langage de son temps et ne cherche pas à révolutionner les mentalités, car son message serait totalement rejeté. Paul reste conforme à la doctrine sociale de ce 1er siècle tout en soulignant que les maris doivent aimer leurs épouses comme le Christ a aimé l’Église, c’est-à-dire être prêts à tout sacrifier jusqu’à la mort (Eph 5,25).

Dieu rejoint toujours l’homme dans son histoire et parle son langage avec le souci pédagogique de l’amener à réfléchir sur le sens de sa vie. Dieu est à l’origine de la bible pour faire passer un message, pour nous annoncer une bonne nouvelle. Il accomplit ce dessein progressivement, en bon pédagogue, en tenant compte de nos facultés humaines. Tout comme un professeur enseigne d’abord les règles élémentaires de calcul avant d’aborder les théorèmes, de même Dieu se présente d’abord sous les traits d’un allié militaire et d’un juge suprême, avant de devenir le Dieu amour appelant tous les hommes à être sauvés. Dieu dit toujours la même chose, mais dans un langage différent. De ces deux affirmations bibliques, laquelle est la plus divine ?

Il frappa des nations nombreuses, et tua des rois puissants. (Ps 135,10).
Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. (Mt 5,39).

La seconde diront les chrétiens convaincus ! Quelques siècles les séparent et toutes les deux viennent de Dieu incarné au cœur d’une culture. Est-il pour autant toujours compréhensible, c’est-à-dire accessible à l’intelligence des hommes de toutes les cultures et toutes les époques ? Citons cet extrait de l’épître aux Hébreux sans fournir la moindre explication :

Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! (He 9,13-14).

Reconnaissons que de tels propos restent totalement hermétiques pour le néophyte. Ces versets bibliques demeurent inaudibles sans un minimum d’initiation voire une bonne formation biblique. Ils montrent que le langage divin est parfois déroutant pour le chrétien d’aujourd’hui.

Pour comprendre ou plus exactement pour accueillir Dieu, nous devons faire le deuil d’un langage absolu et immuable qui ne souffrirait d’aucune actualisation. Si Dieu est l’absolu, sa parole s’exprime dans une symphonie de valeurs qui respecte les différences de chacun :

Un certain nombre de chrétiens ont tendance à croire que, Dieu étant l’Être absolu, chacune de ses paroles a une valeur absolue, indépendante de tous les conditionnements du langage humain… Le Dieu de la Bible n’est pas un Être absolu qui, écrasant tout ce qu’il touche, supprimerait toutes les différences et toutes les nuances… Loin d’anéantir les différences, Dieu les respecte et les valorise. Lorsqu’il s’exprime dans un langage humain, il ne donne pas à chaque expression une valeur uniforme, mais il en utilise les nuances possibles avec une souplesse extrême et il en accepte également les limitations. Jean-Paul II.

Dieu nous tutoie

Dieu nous parle en s’adressant à chacun de nous personnellement. La radicale nouveauté de la révélation biblique par rapport à d’autres religions réside dans ce projet d’alliance à travers laquelle Dieu dit « tu » à l’homme. Dès les premières pages de la bible, dans le jardin d’Éden, Dieu vient à la rencontre de l’homme en l’interpellant :

Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : où es-tu ? Il répondit : j’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. (Gn 2,9-10).

Ce premier dialogue biblique témoigne d’une proximité de Dieu et aussi de son initiative à notre égard. Dans toute la bible, Dieu poursuit ce dialogue afin que l’homme grandisse. Inlassablement, il vient à notre rencontre en nous disant « tu » et c’est à travers ce « tu » que nous apprenons à dire « je » comme partenaire dans une relation unique.

Dans le tutoiement, une parole singulière dépasse toutes les autres : « je t’aime ». Dieu nous aime et il n’hésite pas à exprimer son attachement sans mesure en des termes propres à l’amour conjugal. Ainsi le prophète Osée parle de fiançailles à propos de l’engagement de Dieu auprès de son peuple :

Je serai ton fiancé pour toujours ; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde ; je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l’Éternel. (Os 2,19-20).

Mais s’adresser à quelqu’un sous la forme d’un « je t’aime » ou tout simplement à travers un tutoiement, c’est prendre le risque du dialogue. La parole de Dieu court le risque de ne pas être entendue, de ne pas être écoutée, d’être jugée, d’être rejetée et finalement d’être condamnée. Lorsque Dieu dit « tu » à l’homme, il limite sa toute-puissance, en donnant la parole à une autre que lui-même. La bible est en ce sens une parole risquée, car Dieu ne sait pas d’avance comment l’humanité accueillera sa parole :

Son histoire est celle d’un dialogue incessant et passionné, celle d’une alliance en somme que YHWH certes dirige, mais dans laquelle il se laisse aussi interroger, prier, contester et même accuser (Jean L’HOUR).

La parabole du semeur illustre cette idée de parole risquée (Mc 4,3-8). Dieu sème sa parole sur toutes les terres, mais la semence ne germe et ne se développe que sur une terre favorable. Les grains tombent parfois sur le bord du chemin où les oiseaux les mangent, ou au milieu des ronces ou encore sur un sol pierreux ; heureusement :

Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un. (Mc 4,8).

Retenons de cette parabole que la parole de Dieu tout comme la nôtre se heurte à des échecs et des refus. Parler, c’est associer l’autre à sa vie ; c’est partager ses desseins dans le respect de la liberté d’autrui ; c’est renoncer à être tout-puissant.

Dieu nous appelle

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Voir le commentaire sur la vocation d'Abraham (Agnès Adeline-Schaeffer)

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