• Dieu nous donne son alliance

Dieu tout-puissant, mythe ou réalité ?

Introduction

La rumeur de Dieu tout-puissant

Qui est ce Dieu tout-puissant capable de créer l’univers à partir du néant, de rendre une vierge enceinte, de ressusciter les morts et qui reste totalement impuissant face aux maux de ce monde ? Qui est ce Dieu qui guérit miraculeusement quelques privilégiés et laisse gémir d’innombrables malades dans leurs souffrances ? Qui est ce Dieu qui donne la foi à quelques amis et abandonne tant de personnes à leur quête d’infini et de plénitude ? Qui est Dieu ?

Dans les premiers siècles de l’Église, le symbole des Apôtres et le concile de Nicée-Constantinople (325-381) entérinent la toute-puissance divine dans une confession de foi : « Je crois en (un seul) Dieu, le Père tout-puissant. » Nos liturgies eucharistiques reprennent avec force cette idée dans le « Je confesse à Dieu », le gloria, le credo, la doxologie en fin de prière eucharistique, la bénédiction finale, ainsi que dans de nombreux chants et lectures tirées de la bible.

Cette croyance en un Dieu tout-puissant pose bien des difficultés. De multiples questions surgissent sur les soi-disant possibilités infinies de Dieu. Les premières qui viennent spontanément à l’esprit concernent le mystère du mal. Si Dieu est tout-puissant, infiniment bon de surcroît, alors le mal ne doit pas exister. Épicure pose le problème en quatre alternatives : 1 - Dieu veut empêcher le mal et ne le peut, dans ce cas il est impuissant. 2 - Il le peut et ne le veut, dans ce cas il est pervers. 3 - Il ne le peut ni ne le veut, dans ce cas il est impuissant et pervers. 4 - Il le veut et le peut, mais alors pourquoi ne le fait-il pas ? Comment aborder cette redoutable question à laquelle bien des théodicées se sont confrontées ?

La même plainte retentit depuis que Dieu est Dieu et que l’homme est homme. Le silence de Dieu face aux maux de notre humanité résonne comme un aveu d’impuissance. Dieu prolongerait-il indéfiniment son sabbat, ce temps de repos bien mérité après avoir œuvré pendant six jours pour créer l’univers ?

Nous constatons que le monde regorge de misères et d’horreurs dont la guerre est la plus emblématique et la plus dramatique. Alors posons-nous la question : Dieu peut-il empêcher les guerres, en prenant le parti pour l’une des forces en présence ? Si possible en se rangeant du côté des bons contre les méchants, en luttant pour le faible contre le fort, puisqu’il s’agit du bon Dieu ? La question de la toute-puissance de Dieu se pose aussi dans les drames et les conflits de la vie quotidienne. Pourquoi Dieu n’appuie-t-il pas sur le frein d’un automobiliste qui va se tuer dans un virage ou qui va provoquer la mort d’un enfant ? Pourquoi n’empêche-t-il pas un couple de se déchirer, un enfant d’être battu, un alcoolique de boire ? Pourquoi n’intervient-il pas dans la loterie génétique pour éviter que des innocents naissent frappés de maladies incurables ? Elle se pose enfin au regard des catastrophes naturelles à l’origine de milliers de victimes et de sans-abri qui crient leur souffrance vers un Dieu tout-puissant maître de la nature. Ne pourrait-il pas arrêter d’une seule main un tsunami qui va tout balayer sur son passage ? Mais là encore, Dieu se tait.

L'ambiguité d'une traduction

Que signifie ce mot « tout-puissant » derrière lequel nous imaginons que Dieu peut tout ? Ses racines plongent dans les profondeurs de la bible. Dans l’Ancien Testament Dieu s’appelle notamment El Shaddaï et Yahvé Sabaoth. Comment rendre compte de ces expressions enracinées dans une culture dont nous avons perdu les résonances ? La première est difficilement traduisible. La seconde signifie « Dieu des armées ». Lorsque les Septante traduisent l’hébreu en grec au 3e siècle av. J.-C., ils optent dans de nombreux versets pour le néologisme pantocrator.

L’adjectif pantocrator vient du verbe kratein, dont un des sens est : « tenir solidement dans ses mains, soutenir, contenir, tenir ensemble », associé au préfixe –pan, qui désigne « l’ensemble, le tout ». Le « pantocrator » pourrait alors signifier : « celui qui tient ensemble toutes choses ».

Le glissement de sens vers la notion de toute-puissance se concrétise avec la traduction de la bible en latin. Sous la plume de saint Jérôme au Ve siècle, pantocrator devient omnipotens (tout-puissant) et non pas omnitenens (tout-tenant).

Le français « Tout-puissant », l’allemand « Allmächtige » ou encore l’anglais « Almighty » entretiennent l’ambiguïté. Dieu peut tout.



Plan

Origine du concept de toute puissance

Le projet-originel

L'origine du mal

La rétribution (Job)

L'alliance

Dieu après Auschwitz

Dieu père

Dieu miséricordieux - le pardon

Introduction ⟾ Origine du concept de toute puissance



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