• Dieu nous donne son alliance

La sexualité dans le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament est plus discret que l’Ancien Testament sur la sexualité. D’une part parce que les fondements de la morale sont posés et d’autre part parce que le légalisme doit être mis au service de l’amour de Dieu et du prochain qui deviennent les premiers des commandements.

Jésus

Jésus ne prononce pas de discours sur la sexualité ; il ne prodigue aucun conseil en la matière et ne joue donc pas le rôle de conseiller conjugal ou de sexologue. Il n’évoque pas les cas d’impureté, ni les différentes pratiques sexuelles dénoncées dans l’AT. Il rappelle les commandements, notamment l’interdit de l’adultère. Mais il ne condamne pas la pécheresse que les pharisiens présentent devant lui (Jn 8,1-11). Il s’agit là d’une révolution par rapport à la loi mosaïque. Cette femme devait être lapidée ; Jésus lui pardonne en lui disant simplement « Va et ne pèche plus ».

Jésus va cependant plus loin que l’Ancien Testament en ce qui concerne l’interdit de l’adultère. L’AT condamnait la relation physique et énonçait dans le 10e commandement l’interdit de convoiter la femme de son prochain, sans pour autant dire qu’il s’agit d’adultère. Pour Jésus celui qui désire une femme dans son cœur a déjà commis l’adultère :

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. (Mt 5,27).

L’exigence est donc beaucoup plus grande, mais la sanction légaliste disparaît. C’est à une pureté du cœur que Jésus nous invite.

Jésus nous donne un regard nouveau sur les prostituées : elles, qui à l’époque du Nouveau Testament représentaient toujours la lie de la société avec les publicains, sont révélées par Jésus comme étant parmi les premières à croire en la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu :

Et Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu (Mt 21, 31).

Paul

Paul se charge d’apporter des précisions et de poser les fondements d’une éthique sexuelle qui sera reprise par l’Église. Il énonce l’unicité du lien homme-femme par opposition à la polygamie tolérée dans l’AT :

Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. (1Co 7,2).

Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté. (1Tim 2,1-3)

Il condamne l’inceste entre un père et sa fille :

On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens ; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père (1Co 5,1).

Paul reprend la condamnation de la sodomie énoncée dans l’épisode de Sodome et Gomorrhe ; il constate que l’homme n’a pas changé sur ce plan ; les femmes s’adonnent à des rapports contre nature et les hommes s’enflamment les uns pour les autres

C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. (Ro 1,26-27).

Il condamne aussi la fornication, c’est-à-dire une relation en dehors du mariage ou une relation avec une prostituée

Loin de là ! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle ? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. (1 Co 6,16-18).

D’une manière générale Paul est très vigoureux dans ses exhortations à l’égard des débauchés, impudiques, dépravés, adultères et autres formes d’inconduites (1 Co 6,9).

Plus positivement Paul exhorte ses fidèles à avoir des relations sexuelles pour éviter d’être tenté d’aller voir ailleurs ; c’est du bon sens :

Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. (1Co 7,5).

Il faut néanmoins tempérer cette exhortation car il ne s’agit que d’une concession :

Je dis cela par condescendance, je n’en fais pas un ordre. Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. À ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. (1Co 7,6-9).

La relation sexuelle est plus un devoir qu’un plaisir.

Concernant la dissolution du lien, Paul à la suite de Jésus, rappelle que l’homme et la femme sont appelés à ne former qu’une seule chair et que l’homme ne doit pas désunir ce que Dieu a uni (Mt 19,5-6 ; Eph 5,31). Mais Paul amorce une révolution concernant l’égalité des sexes. Il dit en effet que chacun des partenaires peut disposer du corps de l’autre, une recommandation ignorée pendant très longtemps :

La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. (1Co 7,4). Ces propos semblent en contradiction avec la soumission mentionnée dans sa Lettre aux Ephésiens. Femmes soyez soumise à vos maris (Eph 5,22 ).

Mais dans un cas, Paul parle du corps et dans l’autre il rappelle un statut social. L’exhortation par laquelle l’apôtre Paul demande aux épouses de se soumettre à leur mari appartient à ces recommandations qui visent à maintenir un rapport hiérarchique entre gens vivant dans la « maisonnée ».

On retrouve un enseignement semblable concernant les rapports entre les diverses catégories de personnes chez divers auteurs grecs, à commencer par Aristote, ainsi que dans la littérature juive (Philon, Josèphe). On ne doit donc pas s’étonner de voir les apôtres et l’Église primitive reprendre une forme d’enseignement qui était commune aux deux mondes culturels au sein desquels est né le christianisme: ils ont jugé que cet enseignement correspondait à l’éthique chrétienne et l’ont justifié par des motifs spécifiquement chrétiens.

Paul adresse aux églises naissantes une exhortation morale invitant chacun à bien tenir son rôle particulier. Ce genre d’exhortation s’inspire des grands traités stoïciens qui indiquaient les règles morales qui présidaient aux diverses relations sociales ; entre époux, parents et enfants, maîtres et esclaves, autorités civiles et citoyens. Dans ces « manuels du foyer", la soumission de la femme était un thème constant qui résumait le statut de l'épouse dans la vie domestique. Paul ne remet pas en cause le système social supposé par cette morale populaire, mais il le christianise, invitant chacun à vivre ces relations dans le Seigneur. Paul n’est pas un révolutionnaire, pas même un réformateur social ; il veut dans le système existant, indiquer à chacun les moyens de vivre la perfection évangélique (Jean-Claude POMPANON, Le sacrement de mariage, Artège, 2015, pp. 55-56).

Un peu d’exégèse. Le verbe grec utilisé pour parler de soumission est hupotassomai (passif) ou hupotassô (actif) désigne toujours en grec l’attitude que l’on a, ou que l’on doit avoir, envers un supérieur hiérarchique, envers une personne ayant autorité sur celle qui lui est soumise, ou exerçant sur elle une responsabilité du type de celle d’un chef ou d’un dirigeant. Il désigne donc la soumission, ou la subordination à une autorité: il s’agit de reconnaître l’autorité de quelqu’un sur soi, et de laisser ce quelqu’un exercer cette autorité. Quelques exemples tirés du Nouveau Testament :

Col 3,18-22 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes, et ne leur montrez point d'humeur. Enfants, obéissez en tout à vos parents, c'est cela qui est beau dans le Seigneur. Parents, n'exaspérez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d'ici-bas, non d'une obéissance tout extérieure qui cherche à plaire aux hommes, mais en simplicité de cœur, dans la crainte du Maître.
1P 5,5 Les jeunes, soyez soumis aux anciens
1P 2,18 Vous les domestiques, soyez soumis à vos maîtres
Ti 3,1 Il faut être soumis aux magistrats et aux autorités
Ti 2,9 Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres
Ro 13,3 Que chacun se soumette aux autorités en charge
Lc 2,51 Jésus redescendit alors avec eux (ses parents) et revint à Nazareth ; et il leur était soumis

En ce qui concerne l’homme et la femme, nous pouvons conclure que la notion de « soumission » telle qu'elle se présente dans le Nouveau Testament et plus particulièrement dans les écrits pauliniens est sans rapport avec une soumission sado-masochiste. Il ne s’agit en aucun cas de jouer 50 Nuances de Grey ou de réduire son (sa) partenaire à un objet sexuel.

L’amour exclut toute espèce de soumission par laquelle la femme deviendrait la servante ou l’esclave du mari, un objet de soumission unilatérale (Jeaan-Paul II TDC89).

Paul révolutionne les rapports au corps. Et dans la lignée de 1Co 7,4, il écrit :

C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. (Eph 5,28).

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