Aimer la sagesse, c’est aimer la vie (Si 4,11)

Vivre la mission au quotidien

En tant que disciples missionnaires, nous sommes appelés à vivre l’évangile au quotidien. A la suite du concile Vatican II, le pape rappelle qu’il revient à tous les laïcs de « ”rendre visible” le Christ aux autres par le témoignage de leur vie », notamment en vivant « sur le mode missionnaire les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne ».

Des actes en conformité avec les paroles

François d’Assise nous dit: « Annoncez toujours l’Évangile. Et, si nécessaire, par la parole ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Annoncer l’Évangile par l’authenticité de vie, par la cohérence de vie. Nous devons être cohérents, authentiques. Sur ce chemin, nous faisons ce que dit saint François : nous prêchons l’Évangile par l’exemple, et ensuite par la parole ! Mais avant tout c’est dans notre vie que les autres doivent pouvoir lire l’Évangile ! Nous avons à nous mettre en conformité avec notre foi chrétienne, avec les valeurs évangéliques. Il faut bien sûr tenir compte de notre situation personnelle et toutes les invitations de Jésus ne sont pas à suivre à la lettre. Si demain mon curé me demande de quitter maison, femme et enfants au nom du christ, je l’inviterai à revoir sa demande.

Jc 1,22-24 Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s'abusent eux-mêmes ! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s'observe, part, et oublie comment il était.

Notre agir doit se mettre en conformité avec la parole de Dieu et nos propres paroles et nous sommes rapidement scandalisés dans le cas contraire. Il suffit d’évoquer les scandales qui secouent l’Église pour s’en rendre compte. Jésus ne se contente pas de citations bibliques : il fait agir la Parole de Dieu !

Reconnaître ses erreurs

Une Église crédible est une Église qui ne craint pas de se montrer vulnérable. L’Église devrait pouvoir reconnaître rapidement et honnêtement ses erreurs passées et présentes, accepter qu’elle est composée de personnes pouvant être dans l’erreur ou l’incompréhension. Parmi les fautes à reconnaître, on peut nommer notamment les multiples abus sexuels et les mauvaises gestions financières. Ce chemin de pauvreté par la reconnaissance de ses propres fragilités et défaillances, ou encore de ce qui semble à bout de souffle, donne à l’Église de France d’expérimenter une forme de traversée pascale… et à travers ces profondes transformations, travaillées à la fois par les mutations sociales en cours et le souffle toujours inattendu de l’Esprit-Saint, il lui est donné d’accueillir humblement une fécondité créative qui s’exprime par un foisonnement d’initiatives et des dynamismes nouveaux porteurs d’espérance. Sœur Nathalie Becquart https://unitedeschretiens.fr/Ou-en-est-l-Eglise-catholique.html

Être dans le monde sans être du monde

Cette proposition peut nous sembler paradoxale. Elle dit que nous appartenons au monde, avec un héritage culturel et historique, au sein d’un environnement familial et amical, mais en tant que chrétien nous avons à avoir un comportement différent de ce que le monde nous propose. Saint Paul nous dit :

Rm 12,2 : Ne vous conformez pas au monde, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

Une traduction littérale dit même : « ne laissez pas le monde vous presser dans son moule », et çà, ce n’est pas facile, car la pression qui s’exerce sur nous est très forte.

Les défis du monde contemporain

Quelle image de l'homme et de la femme nous propose le monde d'aujourd'hui ? On pourrait résumer cette image en disant : il faut être les plus forts, les plus beaux, les plus riches, paraître intelligent et jeune. Il faut obtenir le maximum de rendement, suivre ses envies, parfois au détriment des autres. Il suffit de regarder la publicité ou de feuilleter les magazines ; on constate que l'homme et la femme y sont idéalisés, beaux comme des dieux, sans défaut, apparemment sans soucis. Mais cette image est bien loin de la réalité.

JDE 2 Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus.

JDE 52. L’humanité vit en ce moment un tournant historique que nous pouvons voir dans les progrès qui se produisent dans différents domaines.

JDE 53. De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C’est la disparité sociale. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. JDE 54 La culture du bien-être nous anesthésie et nous perdons notre calme si le marché offre quelque chose que nous n’avons pas encore acheté, tandis que toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon.

L'argent et la corruption

Dans la parabole du jeune homme riche, Jésus rencontre un homme qui respecte à la lettre la loi, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne commettras pas l’adultère. Jésus trouve cela formidable :

Mc 10, 21-22. Alors Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. Et il lui dit : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, s'assombrit et il s'en alla contristé, car il avait de grands biens.

Ce qui est en cause ici, ce n’est pas la richesse en tant que telle, mais l’enfermement du jeune homme sur lui-même, sur l'observation scrupuleuse de la loi et sur sa richesse. Ce jeune homme avait l’âme d’un pharisien qui respectait scrupuleusement les 613 préceptes de la loi mosaïque. Ce qu'il a manqué au jeune homme riche, ce n'est pas une vertu supplémentaire, ce n'est pas une qualité nouvelle à acquérir pour sa propre perfection, c'est simplement d'avoir les yeux ouverts sur quelqu'un d'autre que lui. Vendre ses biens aurait été pour lui l’occasion de s’ouvrir à quelqu’un d’autre que lui-même. Et il n'a pas résisté à cette épreuve du feu. Et il s'en alla tout triste. La Bible n’interdit pas d’avoir des biens, ni de gagner de l’argent. Ce qui est condamné, c’est l'accumulation égoïste de ces biens. La richesse doit servir le bien commun. On ne peut pas servir Dieu et l’argent (Mt 6,24). De Gaulle parlait de ces « possédants, possédés par ce qu’ils possèdent ». Mettre notre confiance dans les richesses nous éloigne de Dieu. La clé pour briser l’emprise du matérialisme sur nos vies, c’est de devenir généreux.

JDE 55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et sur nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain ! Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or (cf. Ex 32, 1-35) a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain.

Chrétiens et non-chrétiens doivent s’unir dans le combat contre la corruption, un « cancer qui nous consume », affirme le pape François. À l’occasion de l’audience générale du 2 mars 2016, place Saint-Pierre au Vatican, le pape François s’en est pris à « certains bienfaiteurs de l’Église » dont les offrandes sont « fruits du sang de tant de personnes exploitées, maltraitées, rendues esclaves, avec un travail mal payé ».

« Je dirais à ces personnes : s’il te plaît, remporte ton chèque, brûle-le ! », a insisté le pape argentin qui a déjà, à maintes reprises, condamné la corruption dans l’Église. « L’Église n’a pas besoin d’argent sale, mais de cœurs ouverts à la miséricorde de Dieu », a encore lancé le pape.

« Judas a commencé par être un pécheur avare, il a terminé dans la corruption », car « la route de l’autonomie est une route dangereuse ».

L’option préférentielle pour les pauvres

Le pape François ne cesse de le répéter, l’Église ne doit pas être « autoréférentielle » et centrée sur ses institutions, mais tournée vers tous pour témoigner du Christ. Comme un hôpital de campagne, elle doit sortir de ses fastes, quitter l’esprit mondain de repli sur soi, pour devenir toujours davantage « une église pauvre pour les pauvres ».

JDE 186. De notre foi au Christ qui s’est fait pauvre, et toujours proche des pauvres et des exclus, découle la préoccupation pour le développement intégral des plus abandonnés de la société.

JDE 187. Chaque chrétien et chaque communauté sont appelés à être instruments de Dieu pour la libération et la promotion des pauvres, de manière à ce qu’ils puissent s’intégrer pleinement dans la société ;

1 Jn 3, 17 Si quelqu’un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ?

JDE 197. Les pauvres ont une place de choix dans le cœur de Dieu, au point que lui même « s’est fait pauvre » (2 Co 8, 9).

JDE 198. Pour l’Église, l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique. Dieu leur accorde « sa première miséricorde ». Cette préférence divine a des conséquences dans la vie de foi de tous les chrétiens, appelés à avoir « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5). Inspirée par elle, l’Église a fait une option pour les pauvres, entendue comme une « forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Église ». Cette option – enseignait Benoît XVI – « est implicite dans la foi christologique en ce Dieu qui s’est fait pauvre pour nous, pour nous enrichir de sa pauvreté ». Pour cette raison, je désire une Église pauvre pour les pauvres.

JDE 199. Notre engagement ne consiste pas exclusivement en des actions ou des programmes de promotion et d’assistance; ce que l’Esprit suscite n’est pas un débordement d’activisme, mais avant tout une attention à l’autre qu’il « considère comme un avec lui ». Cette attention aimante est le début d’une véritable préoccupation pour sa personne, à partir de laquelle je désire chercher effectivement son bien. Cela implique de valoriser le pauvre dans sa bonté propre, avec sa manière d’être, avec sa culture, avec sa façon de vivre la foi. Le véritable amour est toujours contemplatif, il nous permet de servir l’autre non par nécessité ni par vanité, mais parce qu’il est beau, au-delà de ses apparences… C’est seulement à partir de cette proximité réelle et cordiale que nous pouvons les accompagner comme il convient sur leur chemin de libération. C’est seulement cela qui rendra possible que « dans toutes les communautés chrétiennes, les pauvres se sentent “chez eux”. Ce style ne serait-il pas la présentation la plus grande et la plus efficace de la Bonne Nouvelle du Royaume ? » Sans l’option préférentielle pour les plus pauvres « l’annonce de l’Évangile, qui demeure la première des charités, risque d’être incomprise.

La pédophilie

L'Église catholique est secouée depuis quelques années par une série de scandales liés à la pédophilie dans le monde. Le pape a décrété depuis l'an dernier la tolérance zéro contre le clergé pédophile, demandant aux évêques de collaborer avec la justice civile.

Le Vatican a publié en mai 2019 un important décret de loi, un motu proprio, intitulé « Vos estis lux mundi » « Vous êtes la lumière du monde », pour renforcer les procédures de signalements internes et de traitement des cas de prêtres ou d’évêques pédophiles, mais aussi de tous les abuseurs ou harceleurs sexuels, ce qui est nouveau.

Dans ce texte, le pape François rappelle que «les crimes d’abus sexuel offensent Notre Seigneur, en causant des dommages physiques, psychologiques et spirituels pour les victimes, et lèsent la communauté des fidèles» et qu’il est donc de sa responsabilité de tout faire pour prévenir ces délits.

Une mesure phare est l’obligation juridique de «signalement» interne - faite à tous les clercs et les religieux - pour dénoncer tout comportement suspect en la matière. Autre mesure clé, les évêques ou les supérieurs d’ordre religieux ne sont non seulement plus protégés par leur statut quant à leurs éventuels agissements délictueux, mais encore moins pour des affaires qu’ils auraient éventuellement couvertes touchant des prêtres sous leur responsabilité et qu’ils n’auraient pas aussitôt dénoncées. Ce décret de loi canonique impose aussi à chaque conférence des évêques de créer avant juin 2020 une cellule d’écoute pour accueillir toute plainte de fidèle en ce domaine. En imposant, juridiquement, l’impossibilité de rétorsion ou de pression sur les personnes qui porteraient ce type de plainte à la connaissance de la hiérarchie.

Les abus sexuels dont on parle tant dans l’Église sont toujours liés à une autre forme d’abus, dont on parle moins  : l’abus d’autorité. De quoi s’agit-il  ? Véronique Margron, religieuse dominicaine, nous éclaire sur cette forme de dérapage, que l’on ne rencontre pas que dans l’Église ! Ce que nous savons aujourd’hui que ce qu’on appelle, de manière impropre, les « abus » sexuels, c’est qu’ils sont toujours liés à des abus d’autorité. Il y a une forme d’autorité légitime et même nécessaire, celle que l’on peut avoir sur ses enfants ou dans sa vie professionnelle. L’abus vient nuire à l’autorité. L’autorité a pour but de faire grandir, de rendre l’autre libre. La philosophe Hannah Arendt écrit que l’autorité est là pour rendre l’autre auteur de sa vie. L’autorité est un soutien qui aide autrui à devenir lui-même. En abuser, au contraire, retient, enferme, contraint la personne, allant parfois jusqu’à la soumettre en esclavage. L’abus d’autorité fait le contraire de l’autorité. La Croix, 28/02/2020.

1 Co 12,26 Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui

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